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Qualité de l'eau

L'eau à la loupe

Que contient vraiment l'eau de pluie ? Et l'eau du robinet ? Analyse physico-chimique complète, tableau comparatif de 20 paramètres, et décryptage des contaminants que vous buvez peut-être sans le savoir.

20
paramètres comparés
pluie vs robinet
9
contaminants analysés
dans l'eau du robinet
Cycle de l'eau

Que contient l'eau de pluie ?

Pour comprendre ce que contient l'eau de pluie, il faut reprendre le fil de son histoire. L'eau de pluie que nous collectons provient d'un long périple — le cycle de l'eau. Nous ne faisons que l'intercepter sur son parcours.

À cette étape, l'eau est dite « pure » et légèrement acide. Ce n'est que lorsqu'elle tombe vers le sol qu'elle s'agrémente des éléments qu'elle rencontre. La pollution atmosphérique, les éléments minéraux ou les poussières microscopiques viennent modifier sa composition.

Les pluies provenant de zones agricoles ou fortement industrialisées ont plus de risques d'être contaminées par les pesticides, hydrocarbures, métaux lourds, oxydes d'azote, dioxyde de soufre et nitrates.

Au contact des toitures, l'eau continue d'accumuler d'autres contaminants : lichens, mousses, déjections animales, métaux lourds (zinc notamment) et organismes pathogènes. Le temps de contact entre la surface et l'eau influence la concentration en contaminants.

Ce qu'il faut retenir sur l'eau de pluie
Naturellement acide (pH 5,5 à 7)
Non calcaire
Faiblement minéralisée
Faiblement chargée en contaminants chimiques
Présence possible d'organismes pathogènes
📊 Les données du tableau ci-dessous sont une synthèse de différentes études scientifiques sur l'analyse physico-chimique de l'eau de pluie. Les valeurs sont indicatives et varient selon les régions et les saisons.
Analyse comparative

Eau de pluie vs eau potable — 20 paramètres

Les valeurs indiquées sont données à titre indicatif. Elles peuvent varier d'une région à l'autre et d'une période de l'année à l'autre.

Paramètres Valeur moyenne — eau de pluie Valeur maximum — eau potable
pH 5,5 à 7 6,5 à 9
Conductivité (µS/cm) 90 < 1 100
Nitrate (mg/l) 1,5 < 50
Ammonium (mg/l) 0,02 < 0,1
Chlorures (mg/l) 6,5 < 250
Sulfates (mg/l) < 8 < 250
Calcium (mg/l) 10,1 < 270
Sodium (mg/l) 1,6 < 200
Potassium (mg/l) 0,8 < 12
Magnésium (mg/l) 0,21 < 50
Zinc (mg/l) 466 < 5 000
Fer (mg/l) < 50 < 200
Cadmium (µg/l) < 10 < 5
Plomb (µg/l) < 50 < 5
Dureté totale (°F) < 15 NC
Coliformes totaux variable selon l'environnement 0
Escherichia Coli variable selon l'environnement 0
Entérocoques variable selon l'environnement 0
Microorganismes variable selon l'environnement 0
Virus pathogènes variable selon l'environnement 0
Eau du réseau public

Que contient réellement l'eau du robinet ?

L'eau du réseau public provient des eaux souterraines pour 60% (nappes phréatiques) et des eaux de surface pour 40% (rivières). Sa composition varie selon les régions. Voici ce qu'on y trouve après traitement.

Contrairement à l'eau de pluie, du fait de son infiltration dans le sol et son contact avec les roches, l'eau du robinet se charge naturellement en sels minéraux et oligo-éléments bénéfiques pour la santé.

  • Calcium (Ca²⁺) : renforce les os et les dents
  • Magnésium (Mg²⁺) : important pour le système nerveux et musculaire
  • Sodium (Na⁺) : régule l'équilibre hydrique
  • Potassium (K⁺) : bon fonctionnement du cœur et des muscles
  • Bicarbonates (HCO₃⁻) : aident à réguler l'acidité du corps

Pour éliminer les organismes pathogènes (bactéries, virus…), il est couramment utilisé du chlore. Ce traitement donne un mauvais goût et une mauvaise odeur à l'eau.

De plus, le chlore en présence de substances organiques crée un sous-produit de désinfection appelé THM (Trihalométhanes) — composant qui peut avoir un impact sur la santé si sa concentration n'est pas contrôlée. L'utilisation de filtre à charbon actif permet d'éliminer le chlore résiduel.

Les métaux lourds (plomb, mercure, arsenic, cadmium) sont des polluants toxiques issus des rejets industriels et des canalisations. Ils s'accumulent dans les écosystèmes et constituent une menace sérieuse.

  • Plomb (Pb) : troubles neurologiques et maladies rénales
  • Mercure (Hg) : très toxique, affecte le système nerveux
  • Cadmium (Cd) : troubles rénaux et osseux
  • Arsenic (As) : cancérigène, maladies de la peau et du foie
  • Chrome VI (Cr) : dangereux pour les voies respiratoires

Les nitrates (NO₃⁻) ont fortement augmenté en raison de l'agriculture intensive (engrais azotés, élevage). À forte concentration, ils posent des risques pour les nourrissons (syndrome du bébé bleu) et sont soupçonnés d'effets cardiovasculaires et digestifs.

Leur accumulation favorise également l'eutrophisation — phénomène qui appauvrit les milieux aquatiques en oxygène et nuit à la biodiversité.

Le fluor (F⁻) est naturellement présent dans l'eau. Bénéfique en petite quantité pour la santé dentaire, une concentration excessive peut provoquer une fluorose dentaire (taches blanches) ou, dans les cas extrêmes, une fluorose osseuse.

En France, son ajout systématique n'est pas pratiqué. Dans certaines régions naturellement riches en fluor, il est recommandé de surveiller sa consommation, notamment chez les jeunes enfants.

Le calcaire (carbonate de calcium et magnésium) cause des désagréments quotidiens : entartrage des canalisations, réduction de l'efficacité des appareils électroménagers, traces blanches sur la vaisselle. Il n'est pas dangereux pour la santé, mais coûteux en entretien.

Solutions : adoucisseurs d'eau, antitartres magnétiques. Une eau trop douce peut cependant être corrosive pour les installations.

Les COV (solvants, hydrocarbures, pesticides, produits chimiques dérivés du pétrole) proviennent des rejets industriels, stations-service, produits ménagers ou fuites dans les réseaux.

Même en faible concentration, certains COV sont toxiques et peuvent causer des troubles neurologiques, des irritations, et pour certains un risque accru de cancer. Leur présence peut aussi altérer le goût et l'odeur de l'eau.

Les pesticides (insecticides, herbicides) contaminent les ressources en eau par ruissellement. Certains sont suspectés d'être cancérigènes ou de perturber le système hormonal.

Les résidus médicamenteux (antibiotiques, hormones, antidépresseurs) se retrouvent dans les eaux via les rejets domestiques et hospitaliers. Les stations d'épuration ne les filtrent pas complètement. Ils favorisent l'apparition de bactéries résistantes aux traitements.

Les microplastiques (< 5 mm) issus de la dégradation des plastiques, fibres synthétiques ou cosmétiques se retrouvent dans l'eau potable. Leur impact sur la santé humaine reste encore mal connu.

Les PFAS (« polluants éternels ») sont des substances chimiques extrêmement persistantes. Utilisées depuis les années 1950 dans les emballages, textiles et mousses anti-incendie, leur exposition prolongée est associée à des troubles hormonaux, immunitaires et à un risque accru de certains cancers.

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Pour connaître précisément la qualité de l'eau distribuée dans votre commune, contactez votre fournisseur d'eau qui vous communiquera les résultats d'analyse — ils peuvent être fournis avec votre facture. Ou rendez-vous directement sur le site du Ministère de la Santé.

sante.gouv.fr — Qualité de l'eau
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